LILLE / « Marché de l’emploi post-confinement, quelles perspectives pour les étudiants ? »​

Le Mardi 28 Avril, j’ai eu la chance de partager une heure avec 3 experts en matière de recrutement et du marché de l’emploi. Ce live, qui a vu le jour grâce à l’un de mes intervenants, Nicolas BELNOU, a été monté en quelques jours pour répondre à l’inquiétude ressentie par les étudiants en Master concernant leur avenir, leur recherche d’emplois et d’alternances à la rentrée prochaine. Ouverte et accessible à l’ensemble des étudiants ISG France, elle a aussi été l’occasion de découvrir ou re-découvrir des bonnes pratiques utiles à connaître pour se démarquer sur le marché de l’emploi.

Merci donc à nos 3 experts du jour :

  • Isabelle NOIR : diplômée d’une école de commerce internationale en 1995, Isabelle a plus de 20 ans d’expérience dans le digital, le recrutement, le marketing et le développement commercial. Elle a connu les crises de 2001 et 2008 et a travaillé dans de multiples structures. Elle est aujourd’hui International Sales Manager au Figaro Classifields.
  • Grégory HERBÉ : diplômé dans les années 2000, il a déjà crée 3 structures. Sa première entreprise était spécialisée dans le recrutement des jeunes diplômés puis sa seconde spécialisée dans le recrutement. Il a aujourd’hui lancé Myjobcompany, qui est le premier cabinet de recrutement par cooptation.
  • Vincent BOBIN : également diplômé dans les années 2000, il a toujours été dans le domaine du digital. Vincent a participé au lancement d’Expedia en 2001, au lancement du Bon Coin et ,depuis 2008, s’est lancé dans l’entrepreneuriat. Il est aujourd’hui co-fondateur de Shapr, application de networking et Shapr Talents, newsletter permettant de détecter des profils de Business Developper pour des starts-up de la région parisienne.

Quelle est l’attractivité de la France et des Français dans le monde?

Isabelle Noir précise et rappelle que le marché s’est largement internationalisé depuis plusieurs années. C’est d’ailleurs, comme elle le rappelle, une grande opportunité de sortir diplômé(e) d’une école comme l’ISG qui est reconnue à l’International. Une étude réalisée par le Boston Consulting Group, qui réunit près de 400 000 répondants dans 197 pays, permet de mettre en lumière les pays les plus attractifs.

Il s’avère que les 10 pays les plus attractifs, tout profil confondu, sont les USA, l’Allemagne, le Canada, l’Australie, le UK, la Suisse, La France (7ème position), l’Espagne ou encore le Japon . L’Europe est donc un territoire aujourd’hui largement représenté et très attractif.

Bien évidemment, la situation actuelle ne va pas générer les mêmes conséquences économiques selon les pays. Nous prenons d’ailleurs conscience de la chance d’être en Europe et en France où, malgré une période jugée compliquée, nous sommes mieux armés qu’aux USA. Pour le moment, cela reste difficile à quantifier mais des premières tendances permettent de mettre en lumière la structuration de chaque entreprise et pays pour réagir à la crise. Par ailleurs, et comme le rappelle Grégory Herbé, les pays étaient davantage préparés depuis les crises de 2001 et 2008.

Premières tendances sur le marché de l’emploi

Certains secteurs, déjà en pénurie depuis des années et directement impactés par le coronavirus, ont besoin de recruter massivement pour pallier à cette situation, comme le secteur de la santé.

L’autre secteur à noter est celui de la logistique. Secteur en pleine mutation, dans lequel les acteurs ont évolué rapidement et doivent prendre en considération les contraintes environnementales, recrute également actuellement.

Le marché a horreur du vide.

Il y aura des signes économiques qui seront forts. A nouveau, il faut apprécier la chance d’être en France et en Europe car nous sommes aidés en tant qu’entreprise et individus. Les entreprises qui résistent le plus repartiront plus rapidement et facilement.

Alors comment détecter les secteurs dans lesquels postuler ?

Parmi les secteurs qui recruteront dans les semaines et mois à venir, on peut déjà noter les suivants :

  • la santé : au-delà des métiers spécifiques de la santé, le secteur est en demande de commerciaux et de « marketeurs ». On constate une demande des grands laboratoires qui cherchent des équipes techniques et commerciales.
  • la sécurité : ces périodes ont été propices aux cyber-attaques. Le télétravail ne s’arrêtant pas demain, il est à noter que ce secteur sera également à la recherche de profils au delà de techniques, commercial et marketing

Pour suivre les autres secteurs, il faut s’informer et suivre l’actualité. Pour cela, et pour rappel, des sites permettent de prendre le pouls des offres d’emploi et d’alternance comme cadreemploiMonsterIndeedLinkedInJobteaser isgWelcometothejungle et bien évidemment Shapr 😉

Et maintenant parlons bonnes pratiques !

Il existe un marché caché bien plus grand que celui des offres déposées !

Attention la logique « je vois une annonce et j’y réponds » n’est pas la seule voie possible. Il existe un marché caché ! Mais s’il est caché, comment le trouver me demanderez-vous? En vous intéressant réellement à votre carrière, votre futur et votre prochain emploi / alternance. Quelle est donc la bonne démarche à avoir :

Si vous êtes intéressé(e) par les RH, finance, marketing, développement commercial, cela ne suffit pas à définir qui vous êtes et ce que vous souhaitez faire. Alors, rentrez dans le détail des grands métiers qui sont liés à ces spécialités. Informez vous et renseignez vous sur les métiers qui vous intéresseraient au sein de ces grands domaines. Soyez donc clair(e) dans votre recherche !

D’ailleurs, Vincent Bobin précise que chez Shapr, sur 100 candidats seuls 5 sont conservés. Il devient essentiel de savoir ce qui fait la différence pour être dans ces 5 %. Vincent répond en 3 points :

  1. Une personnalité et un savoir-être – ce qui est évident et pourtant si important à rappeler. Soyez humble !
  2. Être doté(e) de capacités de communication, d’autant plus important lors d’entretiens réalisés en skype, what’s app et autres outils à distance.
  3. Avoir un projet professionnel et qu’il soit cohérent lorsqu’on est jeune diplômé, on peut parfois manquer d’expériences. Posez-vous les bonnes questions qui vous ont fait choisir ce domaine, réfléchissez aux cours qui vous ont retenu toute votre attention et ainsi détectez le ou les métiers que vous aimeriez exercer. Il est indispensable d’être au clair sur ce qu’on veut faire et ce qu’on souhaite découvrir. Se donner ainsi les moyens de connaître ce secteur, ce domaine et avoir approfondi le sujet. C’est ce qu’on appelle le projet professionnel, appelé « carrière professionnelle » selon Isabelle Noir ou « storytelling » (selon Grégory Herbé et Vincent Bobin). Le recruteur doit se souvenir de vous. Mais attention, avant de raconter cette histoire qui est la vôtre, il est très important de la tester dans votre entourage, auprès de vos intervenants pour vérifier qu’elle est bien comprise, compréhensible et cohérente.
  4. Et petite précision complémentaire : ce projet / ce storytelling doit apparaître sur votre projet LinkedIn et votre CV. On doit y retrouver cette cohérence.

Une fois que ces 3 points sont compris, comment contacter les entreprises?

Rappelez-vous, il ne faut pas attendre que l’offre parfaite soit postée. Allez chercher par vous-même ce poste, cette alternance.

Une fois que votre projet professionnel est défini, vous pouvez contacter toutes les personnes qui pourront de près ou de loin vous mettre sur le chemin de la réussite, celle d’atteindre l’objectif fixé dans votre projet.

Pour cela, il faut repérer les personnes qui travaillent dans les entreprises dans lesquelles vous envisagez d’intégrer et ne pas s’arrêter à une seule. Faites-le avec 20-30 entreprises. Dans chacune de ces entreprises, détectez plusieurs profils. Flattez-les. Demandez de l’aide. Mais intelligemment ! « Les gens aiment aider, c’est du feel good » comme le dit Vincent Bobin. Et cette période est propice à l’entraide. C’est maintenant ! En toute humilité, contactez les gens. Racontez- leur votre histoire. Créer le lien.

Grégory Herbé précise « qu’il faut faire preuve de patience : ce n’est pas parce qu’on ne vous réponds pas dans les 24h que la personne ne vous répondra pas. Les professionnels sont très demandés entre les mails, les appels et les différents messages laissés sur les plateformes. Il faut les relancer. Toujours poliment. 2 à 3 fois. Pour cela, soyez méthodiques : notez les gens contactés et la date du 1er échange. Puis de la 1ère relance ainsi que la 2ème et 3ème. Si vous obtenez un « pourquoi pas », vous savez que le plus dur est fait. » Alors ne lâchez pas le contact sans pour autant être agressif. Il y a un juste milieu à trouver.

Isabelle Noir ajoute que ce lien crée doit être animé. On ne parle pas avec les gens que quand on a besoin d’eux mais on garde un lien tout au long de sa carrière. A chaque nouvelle année, on lui présente ses vœux. A chaque changement de poste, on félicite. C’est cela networker et faire du réseau.

Quelles sont les erreurs à éviter ?

Ne pas dire : « Je veux faire du product ou du marketing » mais plutôt : « je veux faire du brand content parce que…. ! ».

Contactez quelqu’un sur Linkedin avec pour accroche : « je cherche un stage. Aidez moi ». Il faut définitivement créer le lien !

Et les perspectives salariales en 2020-21?

Il est à noter que les salaires n’ont cessé de diminuer depuis une dizaine d’années (depuis 2008). Bien évidemment, il y a des métiers où les salaires augmenteront (santé, distribution). En France, nous savons que les cadres sont plutôt mal payés même si, en échange, des avantages existent. Il existe également une grande disparité entre les entreprises industrielles (faibles salaires) et les starts-up (plus forts salaires) avec toutefois des avantages différents selon la taille de la société.

Grégory Herbé rappelle l’importance pour de jeunes diplômés d’aller au-delà de la France pour une première expérience : en Allemagne (ouvert aux non-germanophones depuis quelques années), en Suisse (où la rémunération est intéressante), au Luxembourg, en Angleterre (même si plus difficile depuis le Brexit) ou encore les pays scandinaves qui apprécient nos formations françaises. Candidatez au-delà de la France. Bien évidemment, cela suppose que vous parliez ANGLAIS.

Et quelles sont les autres pistes de réflexion?

  1. L’entrepreneuriat . Plusieurs entreprises telles que Facebook, Uber se sont créées pendant les crises. Dans le même temps que certaines grosses entreprises ne survivront malheureusement pas à la crise, d’autres entrants arriveront à innover. Comment est-ce possible? Vous n’avez rien à perdre, pas d’investissement réalisé ni de grosses machines à gérer. Les opportunités d’entrer dans certains secteurs sont donc parfaites et les crises sont des périodes propices à l’entrepreneuriat.
  2. Se former. Se former tout au long de sa vie et en commençant maintenant est une très bonne occasion de développer ses connaissances et de faire partie des 5% qui sortent du lot. A candidat identique, celui qui a la meilleure appréhension du monde, de l’actualité et du domaine dans lequel il souhaite s’investir fera la différence. Et c’est peut-être le seul et meilleur moment pour le faire. A ce propos, je vous rappelle que IonisX propose les 5 premières formations gratuites avec le code #Première.

Alors tout commence maintenant !

Bonne nouvelle, vous avez passé un entretien?

Renvoyez dans les 24h un message rappelant votre détermination et motivation à la personne qui vous a reçu. Faites un résumé de la rencontre et dites lui ce que vous avez retenu, et pourquoi vous êtes la bonne personne pour ce poste ? aux USA, cette démarche est systématique. Vous resterez dans le souvenir du recruteur.

Je pense que vous êtes maintenant armé(e) de tous les bons conseils et les meilleures pratiques en la matière. A vous de jouer ! N’ayez plus peur d’affronter la situation et mettez toutes les chances de votre côté pour avancer sereinement.

Vous souhaitez revoir la conférence : c’est ici

Par Alexandra Ogus

 

Posté le: 06-05-2020