[BORDEAUX] Quand l’ISG est partenaire de l’Université Hommes-Entreprises.

Jeudi 25 Août dernier, se déroulait la 22ème édition de l’Université Hommes-Entreprises au château Smith Haut Lafitte. L’équipe de l’ISG Programme Business & Management 3+2 – Campus de Bordeaux était fière de trouver le logo de l’école parmi les nombreux partenaires de l’événement.
Cette année, le CECA a choisi le thème « Acteur du changement, maître de son destin ». Durant deux jours, des intervenants de grande qualité se sont succédés afin de répondre aux problématiques qui leur étaient posées. Pour vous, nous avons sélectionné trois d’entre eux. Retour sur des séminaires qui ont changé notre vision de l’avenir business et management.

  • Hubert VEDRINE

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Diplomate et homme d’affaire membre du Parti Socialiste, Hubert VEDRINE a occupé des postes clés sous deux mandats successifs. Le premier en tant que Secrétaire général de la Présidence de la République sous François Mitterand. Le deuxième en tant que Ministre des Affaires Etrangères sous Jacques Chirac. C’est donc avec cette expérience internationale qu’Hubert VEDRINE nous dépeint un constat de la France actuelle face à son destin. Une France faisant partie d’un monde où trois acteurs majeurs tentent d’attirer le leadership à eux avec des méthodes différentes. D’un côté les Etats-Unis qui tentent de garder ce leadership de plus en plus faible. D’un autre, la Chine qui veut dominer le monde grâce à une puissance économique et militaire, non pas politique. Et enfin l’Union Européenne, qui n’est plus que désillusion.
Cette même Union Européenne qui peine à mettre en place des chantiers pour relancer la flamme citoyenne de son peuple. A force de vouloir trop réglementer, l’UE a perdu de vue son principal but : redéfinir le traité de Shengen, conçu pour des temps calmes et qui ne convient plus à l’affût des migrants dont les pays font face actuellement. Et dans tout ce contexte, la France doit retrouver confiance en elle et stopper son pessimisme. Elle doit réfléchir à des réformes qui lui permettront de mieux vivre dans cette Union Européenne et qui la feront avancer.

  • Nicolas BAVEREZ

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Economiste et historien, Nicolas BAVEREZ écrit également pour le Figaro et l’hebdomadaire Le Point. Pour lui, la France est en déclin par rapport au reste du monde du fait d’une intervention trop forte et à mauvais escient de l’Etat dans l’économie nationale, mais également une fiscalité lourde. La France reste le seul pays développé qui s’échine à garder un modèle caduc d’économie fermée et administrée. Or, plusieurs transformations se sont faites depuis quelques années et destabilisent nos schémas : démographiques, économiques, écologiques, technologiques et géopolitiques. L’Union Européenne s’est construite sur une garantie de sécurité des Etats-Unis, une lutte face à la Russie et une réconciliation franco-allemande. Mais elle doit s’adapter à ces transformations et se repositionner sur la sécurité économique et territoriale. Plus que les autres pays membres, la France devra faire un gros travail sur elle-même pour espérer remonter la pente. En effet, la création d’emploi est nulle, les jeunes en difficulté scolaire, 15% des Français vivent sur les aides… Le peuple français ne s’investit plus au niveau militaire et de la justice. Mais selon Nicolas BAVEREZ, la France a de nombreux atouts qu’elle peut exploiter pour se remettre en marche : une démographie forte, la Frenchtech, un secteur bien portant en matière de défense, un patrimoine recherché à l’international. En exploitant ces atouts, Nicolas BAVEREZ estime que la France peut revenir sur les devants de la scène en 5 ans. A condition d’accepter des réformes.

  • Pascal CHAIGNEAU

Diplômé de l’école des hautes études en sciences sociales, Pascal CHAIGNEAU exerce maintenant en temps que professeur des universités et avocat spécialiste des relations internationales. Lors de l’Université Hommes-Entreprises, il est revenu sur les nouvelles fractures géopolitiques mondiales et les défis sécuritaires. Pascal CHAIGNEAU dépeint le constat géopolitique actuel à travers les différents acteurs principaux. Les Etats-Unis continuent à vouloir garder le contrôle sur le monde, notamment au Moyen-Orient. Celui-ci même qui se réorganise en fonction des fractures internationales, à l’image de l’Iran qui finance l’Etat Islamique tout en construisant une coopération militaire avec la Russie.
Au même moment, les Chinois contrôlent leur environnement entre une muraille de Chine maritime au Sud et la route de la soie à l’Ouest. La France risque d’être médiatrice entre la Chine et l’Inde nationaliste.
L’Afrique, quant à elle, souhaite reprendre le contrôle de son destin. Mais seul le Maroc a su anticiper les changements. Et face aux ruptures observées, l’Europe doit s’attendre à accueillir des migrants économiques et politiques.
Ces ruptures géopolitiques sont également ressenties au sein de l’Union Européenne. L’espace Shengen est « mort » avec les attentats du 13 Novembre 2015, le Brexit des Britanniques va être un exemple pour l’Ecosse ou la Catalogne. Et il faudra prévoir une envie de sortir de cette UE qui est devenue une désillusion pour beaucoup de citoyens. Le Brexit a également engendré la nécessité d’effectuer des changements majeurs au sein de l’OTAN. Le départ de ces acteurs, véritables pilotes pour les américains a conduit à une remise à plat du projet. L’Allemagne souhaitant d’ailleurs se positionner pour mener ce nouveau projet. Les Etats-Unis se dégagent du contrôle qu’ils avaient sur l’UE pour aller se positionner en Asie. Il est temps d’en profiter pour faire de l’UE une « Europe forte » forte et non administrative.

Posté le: 06-09-2016